première diffusion octobre 2014, dernière mise à jour juin 2015

  • Introduction

A l'image de questionnements sur la performance globale en émissions de gaz à effet de serre de certains modes de production d'énergie renouvelable qui prétendent nous affranchir "complètement" des énergies fossiles, on peut aussi s'interroger sur l'empreinte hydrique globale de systèmes permettant "d'économiser l'eau".

L'analyse suivante, effectuée de manière estimative à partir d'un cas particulier d'installation de récupération d'eau de pluie, n'a pas la prétention d'être précise ni généralisable à l'ensemble de ces systèmes. Elle a principalement un objectif didactique permettant d'appréhender le périmètre d'investigation et les leviers de raisonnement associés à une analyse d'empreinte hydrique relative à un dispositif facultatif.


  • Description sommaire du système de récupération d'eau de pluie retenu

Nous avons retenu dans cette étude un système constitué des matériels spécifiques suivants :

  1. une cuve souple de 1,5 m3 de capacité
  2. une pompe électrique de 600 W de puissance
  3. un ensemble de tuyaux et de raccords permettant de connecter une descente d'eaux pluviales à la cuve, et la cuve à la pompe
  4. leurs divers emballages de distribution
  5. le fret routier de livraison
  6. le déplacement au magasin de bricolage

Leur durée de vie prévisionnelle est considérée de 10 ans.

Nous n'avons volontairement pas pris en compte dans les calculs les dispositions constructives permettant au système de fonctionner mais qui existeraient quand même sans lui : toiture de quelques dizaines de m2, descente d'eau pluviale, vide sanitaire dans lequel il est installé, petit outillage d'installation, réseau électrique et prise de courant, enrouleur d'arrosage raccordable en sortie de pompe et sur un robinet d'eau potable situé à proximité.


  • Empreinte Hydrique

Ci-contre le diagramme de synthèse des impacts en terme de consommation d'eau verte, bleue et grise (détails de ces notions dans la page de présentation de l'Empreinte Hydrique) :

On constate immédiatement l'intérêt global de réduction de l'impact en terme de consommation globale d'eau.

Cependant, alors que le système est très positif en terme d'eau bleue, il l'est moins en terme d'eau grise. En effet la fabrication du matériel, et en particulier de la pompe électrique, mobilise des métaux dont l'impact relatif, même amorti, n'est pas négligeable.

Même s'il est souvent hasardeux de comparer deux types différents d'eau, on constate cependant que le bilan global des consommations, dans ce cas particulier et compte tenu des hypothèses de calcul retenues, est équilibré au bout de 4 années d'utilisation



  • Bilan Carbone®

Ci-contre l'impact en terme d'émissions global de gaz à effet de serre :

L'intérêt de système est à peu près nul au sens de ce critère. En effet l'amortissement de l'impact de la fabrication des matériels est légèrement supérieur à celui de l'évitement de la mise à disposition d'eau potable, amoindri par l'impact de fonctionnement de la pompe.

L'amortissement du système dans ce cas particulier est de l'ordre de 13 ans, c'est à dire davantage que sa durée de vie prévisionnelle.

Ce n'est donc pas a priori sur le thème de la réduction des émissions de gaz à effet de serre qu'il faut justifier l'installation d'un tel système.



  • Principaux enseignements

Cette étude sommaire montre que l'intérêt global de la fabrication et de l'installation d'un système n'est jamais acquis, même s'il permet de faire des économies visibles indéniables. Certains impacts indirects, oubliés lors d'un raisonnement hatif, peuvent se réveller significatifs et contrebalancer partiellement, voire totalement, l'effet initialement attendu.

Par ailleurs, alors que le matériel symbolisant la récupération d'eau de pluie est la cuve de stockage, l'impact de matériels annexes associés comme la pompe électrique peut se réveller supérieur.

Une extension du raisonnement à une échelle plus grande, par exemple dans le cas d'une installation collective, nécessite une remise à plat de l'ensemble des hypothèses, tant sur les matériels que sur les consommations électriques. Il est nullement acquis que les diagrammes soient proportionnels, et donc que les conclusions soient similaires.

Dès lors, s'il fallait imaginer un système optimisé sur ces deux critères, il faudrait notamment :

  • réduire l'impact de fabrication de la pompe en ciblant la fabrication des matériaux qui la constituent, voire en envisageant de la mettre en location longue durée pour garantir sa pérennité et sa recyclabilité
  • indiquer en temps réel la nature de la production supplémentaire d'électricité de réseau afin d'inciter à reporter d'une heure ou deux l'horaire d'arrosage, notamment en soirée (un panneau photovoltaïque ne serait probablement pas pertinent, car il inciterait à arroser en milieu de journée, ce qui entrainerait une perte d'eau d'arrosage par évaporation immédiate à intégrer dans le calcul. Lui adosser une batterie serait une solution, sous réserve qu'elle serve aussi à d'autres usages pour justifier son installation)
  • maximiser la surface de captage afin d'éviter au maximum le recours à l'eau potable lorsque la cuve est vide (puisque l'impact marginal hors matériel est très favorable)

Enfin cette étude ne mesure pas d'autres intérêts du système comme l'absence de produits de traitement de l'eau arrosée vers les plantes, la rétention d'arrivée d'eau pluviale dans les réseaux lors d'orages, voire la prise de conscience écologique du citoyen-jardinier...


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Analyse d'impacts envronnementaux