• Ressources d'énergie fossile


  • La terriblement lente raréfaction des ressources fossiles d'énergie

L'observation de l'étendue des réserves et des ressources en énergie fossile est un préalable indispensable à toute réflexion sur l'avenir climatique.

Définitions : les "réserves" correspondent à la quantité extractible aux conditions techniques et économiques actuelles. Les "ressources" correspondent aux réservoirs identifiés ou probables et qui seront récupérables à terme.

Échéance de fin d'extraction au rythme actuel

(source IIASA Global Energy Assessment et GIEC 5 group III chapter 7 Energy)

Réserves conventionnelles

Réserves conventionnelles et non conventionnelles

Réserves et Ressources

Pétrole30 ans 40 à 65 ans

130 à 180 ans

Gaz40 ans2 à 5 siècles

6 à 15 siècles

Charbon110 ans(non défini)

2 à 3 millénaires

Ces données révellent l'épuisement dans quelques décennies de l'ensemble des réserves les plus facilement accessibles (conventionnelles), ce qui entraine déjà l'exploitation de gisements de plus en plus complexes (non conventionnelles). Toutefois, au rythme actuel de croissance, grâce aux (ou "à cause des" selon le point de vue) formidables réserves de gaz non conventionnel, le spectre de l'épuisement généralisé ne se produirait pas avant un ou deux siècles. En effet, l'interchangeabilité des trois sources d'énergie fossile dans leurs principaux usages (transport, chaleur et production d'électricité) permet de substituer en quelques années une bonne partie des moyens en fonction de la ressource la plus disponible et la moins chère.

« Enrayer le changement climatique » est devenu bien plus urgent que « économiser l'énergie ».


Un autre enseignement est de constater que l'augmentation inévitable du prix de l'énergie, due à l'augmentation des coûts d'extraction des carburants fossiles les plus chers permettant de satisfaire en permanence la demande, sera un catalyseur insuffisant en soi pour véritablement réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à l'horizon des prochaines décennies.

Deux pistes de réflexion, en amont et en aval de la problématique, consistent à endiguer la possibilité technique que nous avons de poursuivre pendant au moins un demi-siècle l'augmentation des consommations énergétiques fossiles, dont les émissions cumulées serait catastrophiques pour le climat de la deuxième partie du XXIème siècle et des suivants :

  • un questionnement sur un consensus international qui viserait à renoncer, au moins pour de nombreuses décennies, à aller extraire les ressources énergétiques les plus éloignées (cercles polaires), les plus complexes et énergivores (ressources non conventionnelles) et les plus polluantes (charbon), et à redistribuer la manne générée par la forte et inévitable augmentation des cours mondiaux de ce qui restera en exploitation.
  • la mise en place généralisée d'un coût important du carbone (plusieurs centaines d'euro / tonne équivalent CO2), et la révolution fiscale associée.

Un tel dispositif fiscal a déjà fait la preuve de son efficacité en Europe et particulièrement en France, dans le domaine des véhicules particuliers, avec l'existence historique de la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, renommée récemment TICPE, Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Energétiques).


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