première diffusion octobre 2009, dernière mise à jour octobre 2016

  • La consommation mondiale d'énergie

Les consommations mondiales d'énergie ont jusqu'ici toujours augmenté, à de rares et courtes exceptions près lors de conflits ou de dépressions économiques, avec une multiplication par 6 en 60 ans depuis la sortie du deuxième conflit mondial. La mise à disposition croissante d'énergie aux populations (consommation directe d'énergie, production et distribution de biens manufacturés) est historiquement la première source de la croissance mondiale.

Le graphique suivant récapitule depuis 1850 les consommations d'énergie (sources : BP statistical review 2016, IEPE, Earth Policy Institute coal production data, et quelques compléments de BCO2 Ingénierie).

Le poste principal de consommation énergétique est l'utilisation directe de combustibles (pétrole pour les transports, charbon, bois et gaz pour se chauffer et produire de l'électricité et des biens industriels).


  • La terriblement lente raréfaction des ressources fossiles d'énergie

L'observation de l'étendue des réserves et des ressources en énergie fossile est donc un préalable nécessaire à toute réflexion sur l'avenir climatique.

Définitions : les "réserves" correspondent à la quantité extractible aux conditions techniques et économiques actuelles. Les "ressources" correspondent aux réservoirs identifiés ou probables et qui seront récupérables à terme.

Échéance de fin d'extraction au rythme actuel

(source IIASA Global Energy Assessment et GIEC 5 group III chapter 7 Energy)

Réserves conventionnelles

Réserves conventionnelles et non conventionnelles

Réserves et Ressources

Pétrole 30 ans  40 à 65 ans

130 à 180 ans

Gaz 40 ans 2 à 5 siècles

6 à 15 siècles

Charbon 110 ans (non défini)

2 à 3 millénaires

Ces données révellent l'épuisement dans quelques décennies de l'ensemble des réserves les plus facilement accessibles (conventionnelles), ce qui entrainera alors progressivement l'exploitation de gisements de plus en plus complexes (non conventionnelles). Toutefois, au rythme actuel de croissance, grâce aux (ou "à cause des" selon le point de vue) formidables réserves de gaz non conventionnel, le spectre de l'épuisement généralisé ne se produirait pas avant un ou deux siècles. En effet, l'interchangeabilité des trois sources d'énergie fossile dans leurs principaux usages (transport, chaleur et production d'électricité) permet de substituer en quelques années une bonne partie des moyens en fonction de la ressource la plus disponible et la moins chère.

« Enrayer le changement climatique » est devenu bien plus urgent que « économiser l'énergie ».


Un autre enseignement est de constater que l'augmentation inévitable du prix de l'énergie, due à l'augmentation des coûts d'extraction des carburants fossiles les plus chers permettant de satisfaire en permanence la demande, sera un catalyseur insuffisant en soi pour véritablement réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre à l'horizon des décennies immédiates.

Deux pistes de réflexion, en amont et en aval de la problématique, consistent à endiguer la possibilité technique que nous avons de poursuivre pendant au moins un demi-siècle l'augmentation des consommations énergétiques fossiles, dont les émissions cumulées serait catastrophiques pour le climat de la deuxième partie du XXIème siècle et des suivants :

  • un questionnement sur un consensus international qui viserait à renoncer, au moins pour de nombreuses décennies, à aller extraire les ressources énergétiques les plus éloignées (cercles polaires), les plus complexes et énergivores (ressources non conventionnelles) et les plus polluantes (charbon), et à redistribuer la manne générée par la forte et inévitable augmentation des cours mondiaux de ce qui restera en exploitation.
  • la mise en place généralisée d'un coût important du carbone (plusieurs centaines d'euro / tonne équivalent CO2), et la révolution fiscale associée.

Un tel dispositif fiscal a déjà fait la preuve de son efficacité en Europe et particulièrement en France, dans le domaine des véhicules particuliers, avec l'existence historique de la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers, renommée récemment TICPE, Taxe Intérieure sur la Consommation des Produits Energétiques). Le diagramme suivant en illustre l'impact moyen pondéré par les utilisations relatives des carburants pour les voitures particulières depuis 1955 (Super, Essence SP 95 et SP 98, gazole, et GPL), exprimé en euro de 2010 :

Ce diagramme synthétique appelle de nombreuses questions sur cette mesure représentant historiquement la majeure partie du prix des carburants des véhicules des particuliers : quelle serait l'offre des constructeurs, comment serait constitué notre parc automobile, quel urbanisme aurions-nous en France sans cette taxe ? Ce diagramme montre aussi que cette taxe était significativement plus forte par le passé, et que le prix des carburants TTC n'est pas plus haut ces dernières années qu'il y a 35 ou 60 ans.

La question complémentaire est de se demander si de telles mesures, probablement nécessaires, seraient suffisantes...

 

  • La production d'électricité

L'objet des pages suivantes est d'offrir un panorama sur les émissions en gaz à effet de serre des différentes formes d'énergie transportée par le vecteur électrique, dont les émissions peuvent être exprimées en "grammes équivalent CO2 / kW.h".

   Caractéristiques générales des émissions de gaz à effet de serre de l'électricité

Emissions des principaux moyens courants de production :

  - Thermique à flamme

   - Hydraulique

  - Nucléaire

   - Eolien

 - Photovoltaïque

    © 2017 BCO2 Ingénierie
    BCO2 Ingénierie
    Analyse d'impacts envronnementaux